Les Sessions sont des espaces de recherche sur les pratiques culturelles et artistiques actuelles. Une fois par mois, les Sessions vous invitent à découvrir des travaux en cours de création. Réunis autour d’un même thème, leurs choix techniques, plastiques, et symboliques y sont décryptés.

Les spectateurs y participent activement.Cette collaboration entre le public, les experts et les intervenants a pour objectif de questionner nos attitudes et nos savoirs face à la création. Ici, il n’est pas question de démontrer l’efficacité ou la maladresse d’une proposition, et encore moins de la critiquer à travers les goûts de chacun. Chaque intervention apporte un éclairage nouveau, un point de vue singulier au thème qui régit la rencontre. Par ailleurs, nous soulignons les tensions opérées entre les choix techniques et leur capacité à symboliser l’intention qu’ils portent.

L’art est-il un jeu sérieux ?

 Session dans le cadre de l'évènement “Be my Toys”

 

Conférence 
L’art : techniques de jeu, jeux avec
la Technique ?

 

Le jeu et l’art ont des points communs. Il nous paraît possible en tout cas de mélanger jouet et art, jeu et expression artistique. 

 

Quelques indices nous montrent un lien possible entre art et jeu : le fait qu’au théâtre on interprète en jouant un rôle, de même que l’on joue de la musique. Il faut noter également les innombrables occurrences du jeu et du jouet dans l’art à la fois comme figure dans les œuvres, mais aussi comme principe dans les processus de création et comme thème dans les réflexions des artistes. On peut songer rapidement à Hans Bellmer, Georges de La Tour, Christian Boltanski, Olivier Py, Frieder Weiss, etc.

 

Nous comparerons les approches de Bernard Stiegler et de Roger Caillois. Bernard Stiegler pour qui la Technique est à la fois remède et poison, et l’art une attente de l’inattendu. D’un autre côté Roger Caillois, pour qui le jeu est un besoin de vacarme ou un entraînement à recevoir l’incongru et l’étrange.

 

Jehan Aucompte est professeur Agrégé d’Arts Appliqués spécialisé en Design graphique. Co-fondateur de l’association Les euménides et en charge du projet de webrevue Phuzine. Il mène une recherche sur la Technique comme pratique et sur le Design et l’art de faire. Il est l’auteur du livre auto-édité Le matériel du dématérialisé.

 

performance  

DÉLIRE À DEUX…
À TANT QU’ON VEUT / EXTRAIT

Le geste fondateur du théâtre c’est la scène devant laquelle tout le monde se tait et écoute. Mais la scène où est-elle ? Espace symbolique improvisé, territoire imaginaire provoqué, norme théâtrale convenue ? … À chaque fois le comédien joue sur elle, en dehors, avec ou sans elle. 

Délire à deux... à tant qu’on veut  est une pièce de Eugène Ionesco.

Une guerre gronde à l’extérieur. À la frontière de deux quartiers rivaux, un cou- ple enfermé dans sa chambre se querelle autour d’une éternelle question : le limaçon et la tortue, est-ce le même animal ?

La guerre qui retentit ici et devient peu à peu omniprésente fait écho aux guerres en général dont on entend parler, massivement, à travers le prisme des médias. Ces raccourcis génèrent un climat de peur vis-à-vis de l’extérieur. Les informations qui nous parviennent ne sont-elles pas en partie biaisées, fragmentées ? Quelle perception a-t-on de cette réalité ? À cela est superposé le conflit conjugal, signe d’un repli, d’une non-ouverture au monde.

 

La compagnie Yaota  est née de l’initiative de Rachel André qui a souhaité s’inscrire dans une dynamique locale en la basant à Saint-Marcel en Saône-et- Loire, sa ville d’origine.
Délire à deux est la première création de la compagnie. Elle interroge la question du lien et de la parole dans un monde où les champs de la communication sont restreints.

 

Master-class

TOYS-bending,
DIY & chiptune

 

La Brigade Neurale pratique le toys-bending, le détournement de jouet dans un but artistique. Label de musique ou collectif, la Brigade Neurale propose des ateliers de Circuit-bending afin de faire partager ses expérimentations. Le geste de détournement devient créateur mais alors, où commence le jeu ? Est-ce dans la création de l’instrument ou dans l’usage que l’on en fait ?

 

CONCERT  

Alien instruments, sound design

Le circuit bending consiste à détourner des objets électroniques pour en faire, entre autre chose, des instruments de musiques. Bitcrusher détourne des jouets pour produire une musique électronique déconstruite. Bitcrusher est un artiste issu de la scène électro alternative. Fasciné par le court circuit et l’univers 8 bit, il distille une musique atypique, composée de sons de jouets court circuités et de sonorités des premiers jeux vidéos (NES, Gameboy, C64). Fervent défenseur et activiste du DIY, il promeut depuis quelques années le circuit bending en France.

 

SESSION #2

08/10/2014

 

— un artiste « Euh, mon projet c’est… euh bah une sorte de spectacle mais avec des animaux domestiques en pâte à modeler et de la musique, de la pop polonaise »

— un critique « ah ! c’est du Calder mais en moins bien quoi »

Et zut des mois que vous fabriquez minutieusement l’œuvre de votre vie et vous rencontrez par inadvertance LE Critique d’art du moment celui qui fait et défait les carrières à la soirée d’anniversaire de Mamie (elle en connaît du beau monde Mamie). Il vous demande : « alors vous êtes artiste ? ». Il se trouve qu’avant hier vous débattiez avec éloquence de la qualité de vos œuvres devant votre petit ami, et là : le vide. Aucune explication cohérente, aucune référence brillante aux écoles qui vous ont influencé, vous passez pour le peintre du dimanche.Un peu comme lorsque vous avez appris que la cousine de votre collègue avez touché 2000 euros du conseil régional pour éditer son journal intime, alors que vous venez d’écrire la dixième version du commentaire de votre œuvre dans le champ « décrivez votre projet » du dossier de subvention du CNAP. C’est pour parler de tout cela et de communication visuelle que nous allons nous retrouver ce jeudi.

au programme :

COMMUNIQUER SON PROJET SOUS FORME D’IMAGE

Yann Aucompte — la communication culturelle, ses mécaniques, ses paradoxes

Christophe Sivadier — Graphiste, typographe, enseignant qui nous apprendra que, « oui la typographie a du sens », et son travail aussi communiquer son projet par la parole

Stanislas Rak — communiquer un projet en cours, structurer un projet

Pierre « Doux » Desprats — musique concrète

Puis nous échangerons librement sur vos projets et sur
les questions que vous vous posez actuellement ?

en espérant vous y voir

9 décembre 2010 / à 19h30 / Au Café
de Paris, 158 rue Oberkampf,
75011 / Métro Ménilmontant

 

 

SESSION #3

08/10/2014

Nous pourrions tout de suite poser la question “qu’est-ce que l’art ?” ou encore “pourquoi l’univers ?”, mais finalement la question de l’improvisation nous a semblée plus pertinente. Lors de notre précédente session, pierre doux avait, avec nous, posé la question : “improviser est-ce donner de la sensibilité sans médiation ?” force est de constater que nous nous la posons encore, car des artistes ont accepté de la décortiquer à nouveau, ce mercredi 30 mars : “l’improvisation d’accord, mais pour quoi faire ?”.

 

MOZAURE

Christophe Frémiot
« Entre Mozart et les grands sauriens ».

C’est cette définition quelque peu obscure qui déterminera la forme musicale, flûte à bec/boite à rythme. D’un coté l’instrument scolaire, ridicule, mièvre et hideux, comme la musique de Mozart, cette flûte avec laquelle on prétendait nous « apprendre » la musique, comme on nous apprenait que « Mozart est un génie ».
Outre la classique soprano, le jeu de flûte est improvisé et pourrait être qualifié de « n’importe quoi ».

Une idée simple : montrer que n’importe quoi peut être utilisé pour produire de la musique, et ce par n’importe qui.
Et puis la boîte à rythme, également d’une esthétique musicale primaire.

Ces deux éléments relativement frustres et simples permettent néanmoins à Mozaure une diversité d’utilisation permettant de s’adapter (spécificité de l’évolution) à différents « milieux ».

Christophe Frémiot anime un émission sur Radio Libertaire, il a participé à de nombreux projets musicaux. Il expérimente également des dispositifs multimedia, au travers de séances musicales improvisées sur des films avec le collectif Négatif.

 

 

L’IMPROVISATION LIBRE, SEUL.

Une sonate à risques.
Jérôme Poirier

“Parmi les différents axes que comporte mon travail autour de l’improvisation musicale, je présenterais lors des sessions Euménides un des aspects les plus exigeants : l’improvisation libre, seul. Une sonate à risques.”

Quels instruments ? Seul en scène, la voix s’impose comme une évidence. Disponible immédiatement. Et si parler est une forme d’improvisation, voici un instrument qui travaille souvent ! Et parfois, pour fondre la voix ailleurs, un violoncelle électrique.
Pendant une improvisation, j’essaie de développer l’idée du montage. Les musiques acousmatiques rencontrent le jazzcore, un personnage en colère en croise un autre endormi, le bruit côtoie le silence. Le souci des ruptures. »

Jérôme Poirier est un musicien utilisant principalement un violoncelle électrique, sa voix, de l’électronique et un bodhrán. Il travaille les musiques improvisées et acousmatiques. Il est également membre de Landing Cellophane, un trio chamber pop.

 

 

UN HOMME QUI DORT

Installation interactive
Zita Cochet
Une oeuvre qui se déconstruit et se construit en direct, peut-être est-ce la définition de « l’improvisation » ?

 

 

LA MACHINE AUSSI, IMPROVISE !

Conclusion théorique
Yann Aucompte

En utilisant la théorie de Florent Aziosmannof, dans Living Arts, nous questionnerons la part d’Humanité liée à l’improvisation. Mais surtout le texte de Florent Aziosmannof nous permettra de penser différemment la notion d’improvisation : faut-il considérer qu’il y a une réelle présence et un réel partage de l’improvisateur et de son public ? Quelles sont les règles qui régissent ce jeu ?

SESSION #4
08/10/2014


Session #4 - La Technique est-elle sensible ? par les_eumenides

 

non ! mon mixeur ne se sent pas seul quand je pars faire les courses (alors que mon chien oui !). il n’empêche qu’à bien y réfléchir à chaque fois qu’il y a émotion la technique n’est pas loin. il y a toujours savoir-faire et technique derrière un art, faut-il en conclure pour autant que c’est la technique qui provoque l’émotion ? posons ces questions dans différents domaines culturels, qui perçoivent la technique comme un impératif majeur.

ANTIDOUX
Yoan Saunier et Pierre Desprats
Commande réalisée dans le cadre de cette Session.
Il s’agit de faire exister la question de la technique à travers un dispositif d’objets et de machines qui semblent disparaître sous les mains de leurs manipulateurs.
Yoann Saunier :
Mouvement Brownien – Dompteur – Lyrisme conscient
Pierre Desprats :
Guitare brisée – Gesticulation – Naturel délibéré

L’ESTHÉTIQUE DE LA COMMUNICATION
Roberto Barbanti
Maître de conférence à l’Université de Paris 8, Roberto Barbanti nous fera part de ses recherches sur la question de la Technique dans l’Art. Il présentera une œuvre de Maurizio Bolognini, artiste italien affilié à « l’esthétique de la communication », afin de mieux expliquer certains concepts qu’il a forgé.

TABLA EN INDE DU NORD
Guillaume Renaud
Présentation soliste du principal tambour d’Inde du Nord :
« Tout ce qui est joué sur le tabla peut être chanté, dit… Cet instrument parle !
Il est ici question du langage du rythme et de la musique, mais encore faut-il apprendre à s’exprimer, assimiler du vocabulaire et quelques notions de grammaire…
La technique est alors un moyen pour atteindre une forme d’expression spontanée. Le tabla c’est improviser et jouer de la musique comme l’on parle, non comme on la récite. »

PRATIQUER POUR RESSENTIR,
RESSENTIR POUR COMPRENDRE
Alexis Gauyat
Les arts martiaux sont au cœur de la technique. La connaissance du corps et de ses subtilités permet à l’individu de bouger librement. Bouger en respectant les limites imposées par notre physiologie tout en se déplaçant au moment opportun, nous confère l’impression qu’aucune situation n’est critique. L’extrême sensibilité que nécessite l’exécution du bon mouvement au bon moment réclame temps et patience.
Alexis Gauyat propose de nous faire goûter, en un temps très bref, la sensation du placement et de la structure corporelle selon les Arts Martiaux chinois.

 

SESSION #5
08/10/2014

 

L’artiste, ce personnage déconnecté des réalités communes, n’est-il pas le symbole de l’individualisme ? en y réfléchissant, poser du papier toilette sur un ventilateur (cf. Gabriel Orozco) n’est-ce pas une manière de dire aux autres: “je fais ce que je veux et je me fous de ce que vous pensez !?”. si l’art et la culture ne parlent pas de nous et du monde pourquoi nous intéresseraient-ils?

Nous parlerons d’éco-sophie et d’éco-logie. L’Écologie de l’art s’intéresse à l’interaction du Monde de l’Art avec le Monde. Les relations étudiées vont des plus communes, comme les relations artiste/œuvre, public/œuvre, jusqu’aux relations plus inattendues entre art/urbanisme, art/social, art/économie. Au travers de l’écosphie il s’agit de penser les choses par leur milieu afin de mieux cerner les interactions entre disciplines et sortir l’art de son repli sur lui-même.

LES INDÉSIRABLES / BD
Yannick Lelardoux
La nature est très proche, même en ville des espèces uniques au monde habitent des espaces inconnus du grand public. Par son expérience du terrain, Yannick défend la nature en ville depuis 15 ans, il nous parlera de ces espaces au travers de la bande-dessinée.

LE DESIGN ET SON PROCESSUS
DE PRODUCTION / ARTS APPLIQUÉS
Stanislas Rak
Designer et scénographe Stanislas Rak soulève la question de la place de l’homme dans l’industrie. Un designer peut concevoir l’objet le plus vertueux, si son procédé de fabrication ne l’est pas le projet échoue. Il nous posera un cas concret de réflexion de design écosophique.

TITUS D’ENFER / MUSIQUE-PERFORMANCE
Michaël Marchal
Me voilà déjà loin, oh oui, si loin de ce château qui assistât à ma naissance et qui vit de ses yeux globuleux la floraison de mes 18 bras, qui selon la tradition, furent coupés chaque année, comme on élague à chaque saison le pachydermique Boileau de la cour aux escargots. Quelle tristesse ressentie lors de la perte de mes bras, aujourd’hui je n’en possède plus que deux, mais je les offrirais volontiers à celui qui rendrait à mon royaume le prestige de la vie d’antan! Oh oui, mon corps s’il le faut ! A présent, ce même corps est jeté sur les routes, il ne reste plus qu’à chanter l’exode, la li la la…. »…

L’ARTISTE OPPORTUNISTE
Maxence Alcalde
Le système, le Monde l’Art, les institutions, des colosses bien trop imposant pour qu’un artiste seul les mette en échec. Pourtant comme la lutte de David contre Goliath les artistes contemporains trouvent des ruses pour échapper à la marchandisation et à la récupération.

 

 

SESSION #6
08/10/2014

 

c’est la vingtième fois que vous recommencez ! dans votre tête, cette idée avait pourtant quelque chose de géniale… mais là, sur le papier, c’est pas vraiment ça… en même temps vous avez de quoi vous rassurer, car d’après votre bon ami michel-ange : « c’est l’idée qui prime sur la forme». pas sûr que cela vous rende célèbre… Développer la question sera une tâche ardue, et qui mettra en jeu des théories contradictoires, aussi pertinentes les unes que les autres. « une bonne idée doit pouvoir être décrite par téléphone » expliquait bob gill. faut-il voir dans la réalisation la tâche de techniciens, habiles, mais peu enclins à avoir l’idée de génie ? faut-il croire que seule « la main », ou l’habileté importent ? nous débattrons de ces questions ensemble.

 

WOODEN O / THÉÂTRE /
Luc Guiol
Metteur en scène et comédien, acteur parfois, Luc Guiol nous expliquera toute la difficulté du passage des mots du texte, à l’acte du jeu, pure illusion en soi. La question de la didascalie, notes de l’auteur pour le jeu, sera développée, car la précision apparente de certains textes cache en fait un trésor d’interprétations possibles.

MUSIQUE /
Julien Cousset
Compositeur et interprète de chanson, comédien, artiste…. Il nous racontera les affres de la composition et de ces grands moments de satisfaction. Comment les impressions deviennent vocabulaire musical, comment une idée parfois intéressante ne trouve la forme adéquate qu’après de nombreux essais… ou jamais.

IDÉE, DESIGN ET PROGRAMME/ DESIGN GRAPHIQUE
Yann Aucompte
En 1964, influencé par la programmation informatique naissante Gerstner imagine un « programme » pour la création graphique. L’idée est de mettre à plat tout les moyens graphiques existants et d’envisager un arbre de sélection permettant de faire des choix sans passer par les affres de l’inspiration. Ce travail incontestablement précis, vraisemblabement exhaustif est-il le remède à l’absence d’inspiration ?Le programme définitif pour qui souhaiterait réaliser une affiche ou un logotype ? Dispense-t-il du savoir-faire et de « la main » de l’artisan ? Peut-on envisager ce programme dans l’Art ? Nous poserons toutes ces questions ensemble.

08/10/2014

Tout écrire, tout enregistrer, tout photographier… les techniques de mémoire nous permettent-elles de mieux voir ou de mieux comprendre nos réalités ?

Jusqu’à quel point l’expérience de l’événement a-t-elle besoin d’un relais médiatique pour exister aux yeux du monde et de celui qui la vit ? Les euménides vous proposent de participer à quelques recherches musicales qui testent et réinventent notre expérience de l’événement.

AYMERIC HAINAUX

“Comment, dans un espace donné ou pendant de longues marches, le corps peut s’impliquer dans l’expression d’un son, d’une énergie ?” Aymeric Hainaux explore la question du corps et du rapport homme/nature. Au travers de marches dans lesquelles il joue de ses propres limites. Ces performances sont comme des récits qui témoignent de ses marches. “Mon travail vocal est une masse sonore de ritournelles, rythmes vocaux, chants, sifflements… Toutes ces choses qui viennent en moi pendant de longues marches ou le travail manuel et physique. J’essaie, avec le minimum d’effets (mon corps, ma voix, grelots et harmonica), d’exprimer tout cela de manière vivante et musicale. Une sorte “d’hymne de la vie”; “Pourquoi avons nous des bras, des coudes, des genoux, des cordes vocales…?”. ”
unpoisson.com

YANN LEGUAY
L’idée de base était de replacer sur tous ces supports le son de leur propre destruction, de créer une sorte de non-sens. Aller chercher les bruits propres à leur conception pour les employer en tant que matière sonore. Chaque support contient donc le son de sa fabrication, de son usure et de sa destruction. On obtient ainsi un objet sonore « tautologique », qui posséde toute son histoire inscrite sur lui même, en étant lui-même voué à s’altérer. Il s’agit, par l’édition de ces supports, de matérialiser la disparition des informations écrites, donc de la mémoire.
artkillart.tk

JAMAIS LISIBLE, JULIEN COUSSET
& YANN AUCOMPTE
Comment utiliser des techniques de mémoire de manière spontanée ?L’enregistrement est souvent un acte de nostalgie ou de peur face à la perte de souvenirs ou de preuves. Des preuves que tel ou tel événement s’est bien produit. Mais finalement le désir de bien enregistrer nous éloigne de l’événement lui-même. Jamais lisible tente d’utiliser l’enregistrement comme un moyen de création, afin d’en faire jaillir des évènements. Principalement influencé par le métissage radical qu’est le flamenco nous explorons des références aussi variées que : les chants diphoniques, les chants amérindiens, la musique indienne, iranienne, le chant grégorien, les folklores méditerranéens, etc…, en privilégiant la dimension chamanique des musqiues d’initiations. Le résultat est une masse sonore proche d’un collage de musiques du monde s’amoncellant jusqu’à devenir une masse sonore inaudible.
myspace.com/jamaislisible